Le briquet

Après l’apparition de l’acier (au XIIe s.), le système s’améliore : on frappe désormais le silex contre une lame d’acier doux. Les plus communs de ces « fers à feu » sont de simples tiges d’acier recourbées. Certains prévoient un espace où glisser les doigts. Aux herbes folles et autres brindilles à enflammer, on préfère désormais l’amadou. C’est une matière sèche et spongieuse, très inflammable, extraite d’un champignon du hêtre. Seul le corps interne de ce champignon fournit la précieuse matière. Pour la garder bien au sec, on la remise dans des cornes à amadou. Les plus belles ont été creusées et sculptées par les marins des XVIIe et XVIIIe siècles. Elles sont en queue de lézards, de tatous, en ivoire ou en noix de coco. Il faut attendre 1830 pour que l’amadou soit présenté en tresses, plus faciles à manier et résistant à l’humidité.
A la recherche de l’étincelle automatique
Dès le XVIIe siècle on essaie d’améliorer la production du feu en rendant automatique le geste fastidieux de la friction du briquet sur la pierre. Briquets rotatifs et briquets à crémaillère permettent alors la production répétée d’étincelles. Le briquet à percussion rappelle, quant à lui, la mise à feu des armes. Il affecte d’ailleurs le plus souvent la forme d’un pistolet. Utilisé aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’étincelle est obtenue grâce à un chien, pièce coudée portant le silex, qui vient frapper une pièce d’acier. L’étincelle produite enflamme l’amadou ou la poudre contenue dans le bassinet. Inspirés de cette forme familière, de nombreux briquets par la suite ont fait référence à ce fameux pistolet. L’un des plus célèbres a été créé par Dunhill dans les années 30 et a été fabriqué jusque dans les années 50. A la fin du XVIIIe siècle commence l’ère de la chimie. Durant tout le siècle suivant, la technologie ayant le vent en poupe, on met au point divers appareils compliqués destinés à produire la fameuse étincelle. C’est le briquet à piston du colonel Grobert (1806), le briquet à hydrogène de Lorentz, le briquet à catalyse de Gay-Lus-sac (1823) ou le briquet au phosphore de J.-F Derosne et du baron Gagniard de Latour (1816).,. Mais tous ces briquets restent assez expérimentaux. En revanche, le briquet électrique connaît une plus grande destinée. Il fonctionne à l’origine avec une pile humide au bichromate de potassium dans laquelle plongent deux électrodes. L’étincelle électrique produite par la pile enflamme une mèche imbibée d’essence stockée dans un petit récipient latéral. En évoluant, ces briquets électriques prennent des nouvelles formes : muraux, branchés sur une batterie extérieure, ils sont proposés aux consommateurs des bistrots qui y allument leurs cigarettes ou aux ménagères qui les installent dans les cuisines. A piles sèches, ils connaissent quelques succès dans les années 30.

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